Report Live : Une journée à Rock en Seine

Armés de nos boots en cuirs et de nos parkas, on était prêts ce samedi 27 aout à affronter la pluie, le froid, et surtout la boue de Rock en Seine en vue de se prendre une jolie décharge de musique électrisante. Et on n’a presque pas été déçus.
Dès 15h30, on a rendez-vous au niveau de la Grande Scène, celle qui accueille les têtes d’affiches du festival et surtout nos petits chouchous en fin de journée, mais avant il faudra patienter et en passer par d’autres qu’on a pas envie de connaitre, qu’on redécouvre, dont on tombe amoureux et ceux qu’on pourra jamais cesser d’aimer.

Commençons par les français de Hushpuppies, ils se sont fais connaitre du grand public aux alentours des années 2006-2007 avec leur titre « Bad Taste And Gold On The Doors (I want my Kate Moss) » et toute la grosse campagne marketing qui a eu lieu autour. Depuis ils se sont fais un petit peu plus discret, sans pour autant disparaitre, puisqu’ils ont une base de fans bien constituée. Alors comment dire? Hushpuppies c’est tout ce qu’on n’aime pas dans le rock français nouvelle génération : des garçons faussement cools, un guitariste aux allures de hispter, des riffs faciles qui ne nous transportent jamais bien loin (enfin loin de la scène peut être) et des paroles pour minettes qui ne savent pas reconnaitre un fake british accent. Ils sont décris comme un groupe influencés par les années 60, alors ceux de la période yéyé johnny,sheila & cie, parce que pour l’influence Woodstock , faut aller voir ailleurs. Heureusement pour nos sensibles oreilles, le set ne dure qu’une quarantaine de minutes. Et on n’en retient pas grand-chose. (ok rien)

Suit alors le trio new-yorkais de Blonde Redhead. C’est un peu le groupe dont on connait le nom mais dont on n’entend pas beaucoup parler alors que leur carrière est déjà vieille de presque une vingtaine d’année. Depuis leurs débuts en 1993 ils ont été tour à tour qualifiés de noisy, rock indie, electro pop, electro rock et psyché. À trop vouloir étiqueter les artistes, on finit par se perdre dans toutes ces dénominations mais ici on n’a pas trop envie de se compliquer la vie alors on opte pour de l’électro-rock (oui une guitare et un synthé suffisent). Qu’on se le dise tout de suite, s’il y’a bien un groupe dont on parle peu à tort, c’est  bien Blonde Redhead. Leur jeu sur scène est très minimaliste et tout en finesse et pourtant les trois amis de longue date parviennent à faire passer une énorme émotion à travers leur musique à la fois douce et bruyante. La chanteuse Kazu Makino, a la voix d’une Emiliana Torrini et l’alliance du piano/synthé et de la guitare nous rappelle le son d’Archive,  une parfaite alliance donc. Le groupe a choisi de présenter des chansons issues en majorité de leurs deux derniers albums alternant ainsi entre des chill songs tels que Spain, et des morceaux plus rythmés comme Spring by Summer Fall affichant ainsi l’éclectisme de leur œuvre et leur talent de musiciens. On est rapidement happé par les mélodies spleen teintées de mélancolie et d’ardeur, dont on sort rapidement au moment de sons plus passionnés. Le groupe n’en fait ainsi jamais trop, il sait comment nous entraîner hors de nous-mêmes et sait toujours relâcher la pression quand il le faut. Néanmoins un tel groupe a plus sa place dans une petite salle parisienne intimiste plutôt qu’un grand festival comme Rock en Seine.

Changement d’ambiance avec l’arrivée du groupe de hip hop anglais The Streets. Impossible de ne pas tomber sous le charme du leader Mike Skinner, véritable showman, qui cherche sans cesse à réveiller le public parisien paralysé par le froid qui règne après le déluge (il parait que BB Brunes jouait à ce moment là mais nous ne ferons pas de déductions de mauvaises fois ici…). Il interpelle personnellement ceux qui ne bougent pas assez, (à ce moment tout le monde baisse un peu les yeux), n’hésite pas à dire « Paris that was rubbish, this is crap », honnête le garçon cherche à nous réchauffer, nous amuser, et faire mieux que les groupes qui suivront et que le public attend impatiemment. Et ça marche, le public réagit bien au groove du groupe, à l’enthousiasme de Mike Skinner, et les premiers pogos et surf crowding de la journée arrivent enfin. The Streets joue l’avant dernier concert de sa tournée (le Reading Festival suit le lendemain) et interprète en grande majorité des morceaux de leur premier album Original Pirate Material (sorti en 2002) qui restent toujours très très efficaces, sans pour autant faire de l’ombre à leurs morceaux plus récents comme Soldiers qui apparait sur leur dernier album en date Computers and Blues.
C’est la deuxième fois que The Streets joue à Rock en Seine, la première fois ils remplaçaient le désistement de la regrettée Amy Winehouse qui a droit à son petit hommage de la journée en passant. On espère ainsi qu’ils reviendront vite en France car c’est définitivement un groupe à voir sur scène.

La fin de la journée approche, et la nuit commence à tomber quand Interpol arrive aux alentours de 20 heures. Ils ne sont pas la grosse tête d’affiche de la journée, mais nos New Yorkais préférés ont une grande partie du public déjà acquise à leur cause. Ils démarrent leur set sur « Success » issus de leur dernier album éponyme Interpol, et enchaîne rapidement sur leurs plus grands succès de leurs albums les plus connus Turn On the Bright Lights et Antics. À ce moment là la fosse est déjà dans tous ses états, les surf crowders se multiplient et se font gentiment virés par la sécurité toutes les 3 minutes, la chaleur humaine prend sérieusement le pas sur les 10 degrés ambiants et ce n’est pas fais pour nous déplaire. On voit et on entend ceux qui ne connaissaient pas le groupe se laisser conquérir par la voix si particulière de Paul Banks et de ses entrainantes compositions. Les tubes Narc, Evil, ou Slow Hands sont évidemment interprétés et ravissent au plus haut point les fans qui ne peuvent s’empêcher de reprendre en chœur les refrains (et parfois d’inventer des paroles mais on a le pardon facile ici). Ce qui est assez incroyable c’est qu’ils sont assez statiques tout au long de leur set, mais tellement doués qu’ils arrivent à surexciter le public de Rock en Seine qui est désormais suffisamment prêt, réchauffé, et compressé (5 000 personnes au même endroit ça fait beaucoup) pour LE groupe de la journée.

On étouffe littéralement depuis plus d’une heure quand les Arctic Monkeys font leur entrée sur scène à 22h. Les anglais sont sans aucun doute un des groupes les plus attendus de cette édition 2011, et on a vu beaucoup de filles se faire évacuer du public avant même que le concert ne commence, alors qu’elles les attendaient depuis 15h. Les connaisseurs du groupe sont déjà bien au courant de la composition de la set-list bien rôdée cet été. Ainsi comme toujours sur cette tournée, les Arctic Monkeys débutent leur set par le très ravageur Library Pictures suivis de Brianstorm et de This house is a circus, qui font partie des plus grands succès du groupe. Et ça continue comme ça pendant 1h30, le groupe porté par le frontman briseur de cœur Alex Turner, joue avec une énergie  dévastatrice leurs titres phares mais ne négligent pas non plus leur excellentissime dernier album Suck It and See dont ils interprètent un nombre considérable de titres entre autre Don’t Sit Cause I’ve Moved your chair ou encore All My Own Stunts. Si on n’a jamais connu les Arctic Monkeys très bavards, on les voit sur cette tournée plus souriants, et plus détendu que sur la précédente qui faisait suite à la sortie de leur album Humbug et les interventions, certainement sur fond de private joke d’Alex Turner sont plus nombreuses que d’habitude. Comme toujours leur set est impeccable, à la hauteur de leur succès, le public est bien entendu enflammé, et les évacuations se multiplient et ne se ressemblent pas. Après l’incontournable When the Sun goes Down repris en chœur par les milliers de personnes présentes, le groupe finit de nous achever en interprétant le combo de fin de set Fluorescent Adolescent et la merveilleuse chanson 505 dont on ne pourra jamais se lasser.


Arctic Monkeys – Brianstorm – Live (Rock en… par sourdoreille

Toujours trempé mais le cœur réchauffé par les concerts, et la folie qu’engendre la musique des Arctic Monkeys, la journée passée sur la Grande Scène se termine dans une guerre pour regagner au plus vite la sortie sans se faire avoir par la boue et glisser. Mais peu importe, ce soir tout continuera d’aller bien, ce n’est que demain qu’on comptera nos bleus hérités à Rock en Seine.

Crédit Photo Afterdepth’s & Oliver Peel

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