Le renouveau des séries sanguinaires : American Horror Story 2/2

Notre goût prononcé pour l’étrange  ne pouvait pas nous laisser rater American Horror Story (AHS pour les intimes), la nouveauté de FX. On y retrouve tous les ingrédients du film d’horreur, une famille, les Harmon,  traverse une crise et emménage dans une nouvelle maison pour mieux se retrouver. Et bien sûr la maison est sur une grande propriété ancienne, au style victorien majestueux, et a coûté beaucoup moins d’argent que la normale. Ah et le dernier couple de propriétaires est mort dans la maison : meurtre-suicide. Mais la (faussement) joyeuse famille emménage malgré tout. Oui, tous les ingrédients d’un film du début des années 2000 avec Josh Harnett sont présents, sauf que AHS a ce petit truc en plus que les films du genre qu’on a pour habitude de voir et ne ressemble à rien d’autre sur le paysage télévisuel.
On est plongé dans ce que la critique officielle (comprendre : américaine) aime appeler « un thriller psycho sexuel » dans lequel la longue et lourde histoire de la maison et le sort qu’elle réserve à ses occupants se révèle au fil des épisodes : rien de ce qu’on voit n’est évident, la maison a une Histoire marquée par le sang, la violence, et emprisonne au sein de ses murs de nombreuses âmes mortes violemment. C’est quelque chose qu’on comprend assez vite mais que la famille Harmon découvre, et comprend petit à petit, enfin avouons qu’ils passent plus de temps à se voiler la face qu’autre chose (en même temps faut bien tenir une saison).
Alors qu’est ce qu’on trouve dans cette maison de l’horreur ? Des enfants démembrés, un homme qui a la moitié du visage brûlé, une étrange voisine un peu trop envahissante, une housemaid qui a les traits d’une dangereuse tentation pour Monsieur et seulement d’une femme âgée pour Madame, une ado mal dans sa peau qui se scarifie, une pom-pom girl sous coke. Il faut bien avouer que les clichés pullulent et que parfois le scénario n’a pas de sens ; par exemple quand les Harmon réalise que leur maison est surnommée « The Murder House » et attire des tarés par paquets, tout et n’importe quoi nous sera passé sous le nez  pour nous faire comprendre que non ils ne peuvent pas partir. Même pas un petit peu.
Pourtant malgré les clichés et certaines incohérences, American Horror Story parvient admirablement à nous tenir en haleine et est un véritable ovni dans le monde du petit écran. C’est à la fois violent, sexuel, dramatiquement passionnant, très glauque avec une légère touche de gore dissimulée sous une atmosphère pesante. Parfois le spectateur en sait plus que les Harmon mais en général beaucoup moins que les fantômes et la très envahissante voisine incarnée par la cultissime Jessica Lange, notre amoureuse de gorilles préférée (mais si rappelez vous), dont le lien avec la maison se dévoile petit à petit sans qu’on ne soit jamais sûrs de son rôle véritable dans toute cette histoire. Alors chaque semaine, ça ne manque pas on a viscéralement hâte de connaitre la suite.Au delà de l’histoire, des effets d’angoisse, et du scénario, la série vaut le coup d’œil pour voir ce que Ryan Murphy peut faire après avoir assassiner sa feu prometteuse/géniale série Glee, ainsi que pour son presqu’impeccable casting qui, comme cité plus haut nous permet de retrouver Jessica Lange mais aussi Connie Britton (Friday Night Lights) Dylan McDermott ou encore Frances Conroy qu’on ne présente plus. En guest star on a pu aussi apercevoir le délicieux Eric Stonestreet, connu pour son rôle de Cameron Tucker dans Modern Family, Azura Skye, ou encore notre nouvelle chouchou, Ashley Richards alias Jenna Hamilton dans Awkward.Malgré toutes les qualités qu’on trouve à American Horror Story, on ne peut s’empêcher de se demander sous quel format va tenir la série à long terme. Il parait peu probable qu’on continue à suivre l’histoire des Harmon dans cette maison ci  sur plusieurs saisons, deux semblent déjà un peu trop. Le risque de lasser, de ne pas savoir renouveler le suspens et l’angoisse étant trop important, certains pensent déjà qu’une autre histoire nous sera racontée l’an prochain, ce qui serait doublement novateur. Enfin sauf si Ryan Murphy en  décide autrement et choisisse de massacrer une nouvelle fois un de ses bébés.

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