Dommages collatéraux, l’héritage de John Fante

Fante, père et fils. L’un a mordu la poussière, l’autre la remue pour en extraire les pépites, à la manière d’un chercheur d’or. Dommages collatéraux de Dan Fante retrace la biographie du clan familial, de leur arrivée aux États-Unis au décès de son père, John Fante. LE John Fante, l’écrivain qui a laissé derrière lui les classiques Bandini, Demande à la poussière, ou encore Mon chien stupide. Le scénariste prolifique qu’Hollywood a encensé, pour sa facilité à pondre des histoires sur sa vieille machine à écrire, avant de lui claquer la porte au nez. Ce qui l’aura perdu, en partie. John, le cogneur invétéré, taciturne et (presque) incorruptible.

Comment se faire un nom quand celui que vous portez renvoie dans les mémoires à votre padre? Dan Fante longtemps été l’ombre, le fils de, le chauffeur de taxi qui rêvait lui aussi de noircir les pages blanches de sa verve littéraire. « Prends ton temps, capisce? » lui répétait John Fante. Alors il l’a pris, et laissé, des années durant, cette ambition entre parenthèses pour s’adonner à une autre passion commune: l’alcool. John boit pour oublier qu’il a vendu son âme aux studios de cinéma, Dan s’envoie des goulées pour supporter sa vie, et le reste. Pour combattre la déprime qui le tenaille, avec cette crainte sous-jacente de perdre la partie face à la bouteille. Car Dan Fante connaît les ravages de l’art de racler le fond des verres. Le diabète finit par emporter son géniteur, qui décède à 74 ans, aveugle et affaibli.

Dommages collatéraux ne rend pas simplement hommage au talent de John Fante. Il restitue la vérité. Il est une lettre ouverte d’un fils à son père qu’il a autant aimé que détesté. Dan Fante écrit sur leur parcours parallèle et croisé, mais aussi sur l’amour, la vie, les vices, et la mort. Cette mort souvent désirée en secret, et qui a finalement choisi l’autre Fante.

Dommages collatéraux, l’héritage de John Fante, paru aux éditions 13e note, 2012.

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