Review – Vengeance, Benjamin Biolay

Benjamin Biolay est de retour sur le devant de la scène avec un nouvel album, Vengeance, paru le 5 novembre dernier. Après le triomphe de La Superbe acclamé par la critique, le faux dandy a-t-il réussi son retour ?

Pendant près de 10 ans, Benjamin Biolay a été le mal aimé de la chanson française, celui dont on a comparé la musique à du Delerm, le capital sympathie en moins et l’antipathie exacerbée en plus. C’est le double album La Superbe, paru en 2009, qui rend à Biolay ce qui lui est dû : la reconnaissance de ses pairs, de la presse, et un public toujours plus nombreux conquis à ses paroles et à ses mélodies.

Après un tel succès, on ne pouvait qu’attendre impatiemment le retour de Benjamin Biolay et l’annonce de son nouvel album ainsi que les nombreux teasers mis en ligne n’ont fais que nourrir cette impatience pendant des mois.
Avant la sortie de Vengeance, on a pu découvrir le premier single issu de l’album : Aime mon Amour, un titre furieusement entraînant et entêtant, magistralement composé qui a très vite annoncé la couleur de l’album. On y entend un Biolay plus sûr de lui, de ses choix, et surtout de sa voix. S’il avait déjà commencé à vraiment chanter sur La Superbe c’est sur Vengeance que Benjamin Biolay révèle le plus sa voix et son attrait pour une musique diverse et variée.

Un fait que de nombreux guest viennent confirmer, de Vanessa Paradis à Carl Barât en passant par Oxmo Puccino et Orelsan, Benjamin Biolay s’amuse avec les genres. Avec Aime mon amour et Profite en duo avec Vanessa Paradis, le chanteur fait « du Biolay » : des textes bien écrits alignés à une composition qui frise la perfection. BB n’hésite pas non plus à glisser vers de la (bonne) pop electro avec Marlène Déconne, sans pour autant succomber à la facilité de chanter en anglais sur ce morceau. Suit le sublime Personne dans mon lit, où l’on entend la voix du chanteur se fondre dans une instru imparable qui semble nous projeter sur grand écran la solitude dans laquelle peut nous plonger l’amour fini. Le très torturé Benjamin Biolay n’a pas abandonné ses thèmes de prédilection ; celui de l’amour qui fout le camp avec sa propre santé mentale mais apparaît plus calme et apaisé, comme sur Trésor Trésor qui pourrait presque sonner comme une jolie petite chanson si on ne fait pas attention aux paroles « Je bois, je fume. Je n’en fous plus une (…) Il faut qu’on m’aide, il faut qu’on m’aide ».

Dans la même veine que Profite, La Belle époque, duo avec Oxmo Puccino, est la touche funk de l’album, presque optimiste, ce titre nous montre une facette peu connue de la personnalité du chanteur : l’amateur de hip hop et l’ami des rappeurs. L’album se clôt sur Vengeance, morceau sur lequel on entend Biolay nous conter sa définition de la vengeance avec en prime l’éternel Libertines Carl Barât ainsi que sur Confettis accompagné de Julia Stone, signe là encore de l’attrait de BB pour le folk /rock anglo saxon.

Avec ce sixième album, Benjamin Biolay réussi son pari et n’a certainement pas finis de conquérir la presse et le public. Vengeance est morcelé et cohérent à la fois, divers mais ne forme qu’un. Un album à l’apparence contradictoire, un peu comme cette façon qu’a BB d’appeler d’intituler son album d’un titre sombre, Vengeance, son album le plus apaisant.

Benjamin Biolay est à l’affiche du festival des inRocks ce dimanche 11 novembre à La Cigale, on le retrouvera aussi au cours d’une grand tournée française qui commencera dès 2013.

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