J’ai voulu donner une seconde chance à Myspace

En 2003, il était encore le réseau social numéro 1 mondial, mais rattrapé par l’émergence de Facebook et Twitter, Myspace est peu à peu déserté par ses utilisateurs. J’ai pris mon courage à deux mains et me suis replongée dans ce site qui faisait notre bonheur dix ans plus tôt.

Myspace_Logotype_Black

Malgré ses plus de 100 millions d’inscrits encore aujourd’hui, Myspace est en net recul face aux géants Twitter et Facebook mais pas seulement. Des réseaux comme Linkedin, Google et Instagram dépassent aujourd’hui les 100 à 200 millions d’utilisateurs, de quoi remplir pleinement leur rôle d’outsiders dans le monde du réseautage. Pour un meilleur descriptif, il suffit de jeter un coup d’oeil à la synthèse illustrée très bien réalisée par l’agence Media Ventilo :

Mais en fait c’est quoi Myspace ?

Petit rappel pour ceux qui auraient oublié cette époque de leur vie : Myspace est un site web mettant à disposition un espace personnalisé ouvert à tous sur lequel on accède à son profil sous la forme d’un blog principalement tourné vers l’univers musical. Crée en 2003 par Tom Anderson (oui oui le mec au t-shirt blanc) et Chris DeWolfe, Myspace est un peu considéré comme le tout premier réseau social tel qu’on le connaît aujourd’hui.
Très honnêtement, ma première expérience Myspace s’était soldée par un échec à l’époque. J’avais vite compris qu’il s’agissait d’un espace de réseautage pour les musiciens et artistes qui souhaitaient diffuser leur musique au maximum et cela marchait très bien. Beaucoup de chanteurs et groupes ont été découverts via Myspace comme Hurts ou Colbie Caillat. Le phénomène est telle que les agents des artistes leur conseillent de troquer site officiel contre page Myspace. En fait, c’est un peu le Tumblr de l’époque (nous y reviendrons plus tard).

Myspace, seconde chance.

Dès ma connexion sur le site, j’ai rapidement vu l’énorme changement qui s’était opéré pendant qu’on avait tous le dos tourné. Une interface bien plus moderne, épurée et qui s’inscrit dans l’air du temps. En réalité, j’arrive pile au bon moment puisque ce nouveau design n’a que quelques jours, remis au jour depuis l’entrée en piste du chanteur Justin Timberlake
, désormais actionnaire.
Le site est bien conçu et offre même une visite guidée pour les plus perdus. L’inscription se déroule sans encombres et on entre très vite dans le vif du sujet, à savoir, le remplissage du profil. Il est possible de s’inscrire sous différents statuts allant de musicien à journaliste en passant par promoteur ou encore producteur. Tout de suite, on voit que Myspace s’est clairement inspiré de la thématique Tumblr non pas sur le fond mais sur la forme : publication de statut sous forme de texte, piste audio ou vidéo ce qui est la petite nouveauté puisque jusqu’ici le site ne tolérait pas ce dernier contenu. Ajoutons à cela un soupçon de Pinterest avec les grosses vignettes qui constituent les relents de l’activité de l’utilisateur.
Pour ce qui est de l’interaction, elle est désignée sous le terme de « connexions« . C’est simple, elle est pensée sur le même modèle que l’abonnement Twitter, une fois connecté à un utilisateur, il est possible de suivre son activité depuis l’accueil. La recherche d’amis par âge, sexe et lieu de résidence est aussi particulièrement intéressante.
Le format blog est bénéfique dans la mesure où cela permet la publication de longues interviews, l’annonce de certains concerts de manière détaillée.
Résumons: le nouveau Myspace tente un concentré de ce qui se fait de mieux chez ses principaux rivaux mais en restant focalisé sur l’univers de la musique.

La recette est-elle réussie ?

La réponse est…non. Malgré une bonne ergonomie, un design impeccable et une volonté manifeste de s’aligner sur les cousins, Myspace ne parvient pas à captiver plus que cela. La faute a énormément d’éléments mais plus particulièrement par ses frères qui lui ont volé la vedette. Ces frères dont je parle ce sont : Spotify, Deezer, Grooveshark et Soundcloud. Vous allez me dire que la thématique n’est pas la même mais c’est justement là tout le problème. Comme dit précédemment, la renommée du site s’est faite autour de ces musiciens avides de reconnaissance mais ces derniers semblent avoir trouvé l’herbe bien plus verte ailleurs. En effet, aujourd’hui, le site Soundcloud développe le profil « artiste » via lequel il est très simple de partager ses créations sans avoir besoin de s’adresser forcément à des utilisateurs de Soundcloud. En cela, les artistes, qui parfois comptent déjà un nombre conséquent d’abonnés que ce soit sur Facebook ou Twitter, n’ont pas d’intérêt particulier à retourner sur Myspace. Pour ce qui est de l’utilisateur lambda, il n’y trouvera pas non plus son compte pour la simple et bonne raison qu’il lui est quasiment impossible de trouver et donc de partager la plupart des morceaux qui va l’intéresser.  A la différence de Soundcloud, il lui est impossible d’ajouter lui-même sa musique et contrairement à Spotify et Deezer, il n’a pas non plus la liberté d’écouter les musiques de son choix de manière beaucoup plus fluide. De plus, ces deux derniers plateformes se sont largement socialisées et ont pleinement intégrées les règles du réseau social.
Même les stars ne sont pas très actives sur Myspace, Elles ont un compte par simple souci de multiplicité mais ont compris l’impact très peu important de Myspace dans leur promotion.
En conclusion, Myspace c’est très joli, mais on voit bien qu’ils ont tout misé sur le design en mettant un peu trop de côté le développement. Je ne sais pas si le site connaîtra à nouveau un succès fulgurant mais pour le moment je garde de la réserve. Myspace, je t’ai donné une seconde chance et tu n’as pas su en profiter. Tant pis pour toi !
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