Real Humans, la série robotique suédoise

Du 4 avril au 2 mai, la chaîne Arte diffusera la série suédoise Real Humans réalisée par Lars Lundström. De la pure science-fiction qui vient soulever d’importants sujets de société. 

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Que sommes-nous prêts à concéder au nom de l’évolution ? Jusqu’à quel point les consciences sont-elles préparées à accueillir une nouvelle forme de technologie la plus poussée qui soit ? Si vous pensiez que c’était la question que soulevait Real Humans vous faîtes fausse route. En réalité, le point de départ de cette série d’anticipation part justement de ce postulat. Un univers futuriste dans lequel la présence de robots aux allures ultra-réalistes est ancrée dans les habitudes. Le vrai défi qu se lance cette production suédoise est celle de déterminer certains points plus précis comme la place de la technologie dans nos vies.

Les hubots (contraction d' »humain » et de « robot ») sont en effet, partout. Cantonnés aux tâches quotidiennes comme les courses, le ménage, la lecture aux enfants ou même pour servir d’objet sexuel, leur compagnie ne fait plus sourciller personne. Ce qui n’est pas pour plaire au colérique Roger qui abhorre l’idée de partager son quotidien avec les robots qui parsèment l’usine dans laquelle il travaille et qu’il retrouve en rentrant chez lui aux côtés de sa femme. Ce dernier représente la première catégorie de personnages servis par l’histoire car a contrario, il y a le groupe des convaincus qui ouvrent grand leur porte aux hubots et leur accordent une place importante au sein de leur foyer. Quand certains se retrouvent le cul entre deux chaises ni totalement contre ni vraiment pour, bien illustré par le personnage d’Inger Engman, mise devant le fait accompli quand son mari rapporte Anita d’un magasin de hubots. Cette dernière est au cœur d’une intrigue parallèle où l’on retrouve un groupe de hubots rebelles menés de front par Léo qui est amoureux d’Anita qui s’appelait encore Mimi avant qu’elle ne disparaisse presque sous ses yeux.

Real Humans offre une très belle photographie, très lissée, aux antipodes des messages que la série tente de véhiculer. Loin d’un simple manichéisme sur une réflexion déjà pas simple, le réalisateur Lars Lundström dépeint des personnages qu’il est difficile de juger à prime abord. Tout comme la série anglaise Black Mirror, Real Humans évoque ici la question l’influence des technologies sur nos vies et s’interroge plus particulièrement sur la place qui doit ou devra lui être réservée. Au moyen d’un triptyque émotionnelle bien maîtrisée, on se croirait presque au milieu d’une querelle des Anciens contre les Modernes à la sauce contemporaine. La haine, la discrimination et le racisme s’opposent à la tolérance, l’amour et la fascination, tout ceci contrebalancé par une simple concession sans réel engagement. L’arrivée d’un hubot dans les différentes familles qui composent la série remet en question pas mal de fondements moraux tels que la dignité et la sexualité. Real Humans explore de nombreux sujets qui n’ont qu’à vocation de mettre le téléspectateur devant des sujets qui seront sans doute, dans un futur proche, au coeur de ses préoccupations. A l’heure des grandes avancées techniques et évolutions qui rythment ce siècle, le côté futuriste de la série ne semble pas si éloigné que cela de notre présent.

Real Humans est une série au format 58 minutes, diffusée tous les jeudis soir sur Arte. Si vous avez raté les deux premiers épisodes, pas de panique, il est possible de les consulter en replay sur Arte.fr

Et si vous n’êtes toujours pas convaincus, laissez-vous tenter par la bande-annonce.

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