Netflix is the new HBO

Leader de la VoD aux USA, la chaîne Netflix est en train de s’imposer comme le nouveau network de qualité. Avec ses créations originales qui sortent du lot et qui ne passent jamais inaperçues aux yeux de la critique, Netflix n’est-il pas entrain de voler la vedette à HBO ?

orangeisthenewblack2

Jusqu’en 2012,  États-Unis, le monde des séries était divisé en plusieurs catégories : les généralistes (ABC, CBS, NBC), les thématiques (FX, ABC Family,…), HBO et les autres. Du moins, c’est la vision qu’un non-américain lambda peut en avoir. Ensuite, vient la vision des séries-addict qui maîtrisent leur sujet et sont capables de vous citer toutes les chaînes du câble de Showtime à Usa Network en passant par TNT. Bref, un grand nombre de diffuseurs de séries, un peu comme chez nous me direz-vous. Seulement, la différence entre la France et le pays de l’Oncle Sam n’est pas si subtil. Quand notre choix se résume à la Triade TFI-M6-Canal+, l’offre est beaucoup plus disparate de l’autre côté de l’Atlantique. En témoigne notre consommation assez hallucinante, chaque semaine, des derniers épisodes de nos séries préférées qui sont majoritairement américaine. En même temps, entre The Walking Dead et Joséphine Ange Gardien, la question ne se pose même pas dans 99,8% (c’est très précis) des cas.

Après ce panorama pédagogique qui peut paraître évident à n’importe qui s’intéresse un tant soit peu à l’univers sériel, vous constaterez que la télévision est le lieu privilégié pour épancher sa soif de fiction (oui normal c’est le but de la télé!). Oui mais ça c’était avant. Le 1er février 2013, une petite révolution venait secouer le monde du petit écran : Netflix proposait sa toute première création originale : House of Cards. Une série de ce calibre diffusée sur internet, sans passer par la case télévision. Du jamais vu !  C’est à partir de ce moment que Netflix a réellement commencé à être pris au sérieux au niveau médiatique même si la plateforme se targuait déjà de plus de plus de 25 millions d’abonnés dans le monde.

Mais au fait, c’est quoi Netflix ?

Netflix est une plateforme VoD proposant des films en flux continu en Amérique, aux Caraïbes et dans plusieurs pays européens mais reste indisponible en France à cause de circonstances contraignantes (chronologie des médias, droits de diffusion). Elle propose aussi la location de DVD depuis ses débuts et depuis 2012 avec Lilyhammer, Netflix met aussi à disposition des séries originales commandées et mise en ligne dans leur intégralité et simultanément. C’est ça Netflix !

La recette Netflix

Le succès de Netflix est vraisemblablement concentré, aujourd’hui, sur les séries originales que compte son catalogue. House of Cards, Hemlock Grove, Orange Is The New Black sont autant de créations qui ont fait grand bruit ces derniers mois. Et au vu de l’offre, il ne semble pas prématuré de faire un tableau des ingrédients sur lesquels mise Netflix : le combo qualité/exclusivité/confiance à l’air de mener la barque. En effet, loué par les critiques, House of Cards fait aujourd’hui figure de tête de proue. Avec Kevin Spacey et Robin Wright dans le rôle du couple principal dans ce drame politique, la barre a été mise particulièrement haute. Il est même particulièrement difficile de passer à côté de cette série qui se déroule dans les coursives du Capitole à tel point qu’il a créé la sensation il y a quelques semaines au moment de l’annonce des nominations pour les Emmy Awards. Même si Netflix reste loin derrière HBO avec 14 nominations contre…108, cela reste une belle première performance d’autant plus que House of Cards part favori pour les principales statuettes : meilleur acteur pour Kevin Spacey, meilleur actrice pour Robin Wright et meilleur série dramatique.

Le second ingrédient est plus interne : Netflix, au contraires des grandes chaînes, ne met met pas énormément de pression sur les épaules des producteurs et réalisateurs à qui ils laissent carte blanche. En réalité, il place une confiance particulière en leurs achats et c’est ainsi qu’à la simple vu d’un pilote, la plateforme est capable de commander et même renouveler une série. C’est encore une fois le cas de House of Cards qui s’est vu acheter deux saisons d’un coup. Kevin Spacey, aussi producteur du show, assure même dans un entretien accord au New York Times « Quand nous sommes allés voir les chaînes hertziennes et le câble, il s’est avéré que Netflix a été le seul fournisseur de contenus qui nous a regardé dans les yeux et nous a dit: nous n’avons pas besoin de pilote. Nous croyons en vous. » C’est dire la liberté que Netflix offre à ceux qui ont la chance de travailler avec eux. La plateforme voit donc loin, se targue d’un avant-gardisme assez singulier mais pointu. Bref, ils ont du flair. Tout comme ils en ont eu en commandant la saison 4 d’Arrested Development, cette série que la Fox avait décidé d’annuler en 2006 alors que son audience chutait. Disponible sur le catalogue de Netflix depuis le 26 mai dernier, Arrested Development a fait un carton puisque pas moins de 36% des abonnés ont consulté l’intégralité des épisodes le jour de sa mise en ligne. Avec Orange Is The New Black, dernière arrivée de la chaîne, Netflix a rendu ses intentions claires comme de l’eau de roche : faire de la plateforme le nouveau rendez-vous des grandes séries.

Last but not least, la recette Netflix prend sa forme finale une fois que l’on y ajoute l’assaisonnement qui fait son charme. Fantastique, politique, la comédie, drame, jusqu’ici, Netflix ne s’est pas cantonné à un sujet mais a eu l’intelligence de multiplier ses horizons pour proposer une belle variation dans le catalogue qu’elle propose à ses abonnés. Rien de révolutionnaire dans la méthode mais une stratégie des petits pas intelligente et qui a fini par payer.

Les notes Métacritc des séries Netflix

2222951

L’ambiance de la série se situe entre Twin Peaks et une série adolescente gothique de la CW (…) Si vous n’êtes pas rebutés par la lenteur de l’intrigue et les performances inégales des comédiens, vous pourrez apprécier les beaux décors naturels de l’Ontario, magnifiquement photographiés grâce au budget conséquent alloué par Netflix, et l’étrangeté assumée de l’ensemble. Ce n’est pas du niveau de Twin Peaks, mais c’est certainement meilleur que Harper’s Island.

New York Times

 

 

 

 

 

house-of-cards-final-poster

« House of Cards fait instantanément de Netflix un des plus grands acteurs des séries. Si la suite est aussi bonne que les deux premiers épisodes montrés à la presse (…) House of Cards va probablement devenir la première série non télévisée à recevoir une nomination aux Emmy Awards, ou même quatre (…) Tout s’y passe très vite, et parfois de manière un peu grossière, la politique ne jouant pas forcément le premier rôle, tout simplement parce qu’il est plus question de vengeance que de politique. Il s’agit en réalité d’une fable, illuminée par la photographie exquise d’Eigil Bryld.

Los Angeles Time

 

arrested-development-posters__oPt

« Disons-le de suite : mieux vaut être fan de la série pour apprécier pleinement son retour. Netflix ne cherche pas à faire de nouveaux adeptes, mais à séduire les amateurs, assoiffés depuis six ans. Ce premier épisode s’attache à nous remémorer les événements passés, multiplie les flashbacks et, surtout, attaque directement en 5e vitesse, pied au plancher, sur un rythme hyper syncopé, qui risque de perdre rapidement les novices. C’était à craindre. Pour rassurer les fans de son écriture sophistiquée, très dense en blagues, Hurwitz se devait de surjouer un peu la loufoquerie et la folie. Il est question ici, comme toujours, des grosses difficultés de la famille Bluth, aussi bien sur le plan financier – leur entreprise immobilière est encore en faillite – qu’émotionnel – on parle d’un divorce… »

Télérama

 

 

Orange-is-the-New-Black-poster

« Schilling est si crédible dans le rôle de Piper que c’est elle qui fait fonctionner instantanément Orange is the New Black. Elle est douce, adorable, drôle, et on croit réellement que ce personnage ait pu faire une erreur il y a une dizaine d’années, s’en soit sortie et ait recommencé sa vie avec positivité, animée par un nouvel objectif (…) Au final, « surprenant » est sûrement l’adjectif le plus approprié concernant Orange is the New Black. La série offre plus que ce qu’on attend d’elle au départ, et même lorsqu’elle propose quelque chose de prévisible, ou tout droit sorti du guide des « séries situées dans une prison pour femmes », elle le contre avec un élément frais et inattendu. »

The Hollywood Reporter

 

 

 

 

Pas seule au monde

Comme si elle n’était pas assez cernée par la télévision, Netflix doit aussi compiler avec une rivalité à peine masquée avec Amazon et qui a aussi décidé de développer sa plateforme VoD. Et non ce n’est pas du gâteau car avec son Lovefilm, le site de commerce en ligne est un sérieux outsider qu’il ne faut pas prendre à la légère. Bien que loin derrière avec une disponibilité dans quelques pays européens et « seulement » 1,5 millions d’inscrits, la plateforme britannique a Disney en poche. En effet, la compagnie du diabolique Mickey s’occupe de la distribution en Allemagne – et plus si affinités.

Et c’est là que Netflix sort son joker de sa manche : il y a peu, l’entreprise a signé un contrat pharaonique avec Dreamworks pour produire, dès 2014, des séries dérivés des films bien connus comme Shrek ou Madagascar. Netflix étend donc encore une fois son horizon mais cette fois vers une cible beaucoup plus intéressante : celle des enfants. Mais il ne faut pas oublier qu‘Hulu, l’autre plateforme américaine est directement lié à Disney puisqu’elle est actionnaire à 27%, elle est donc aussi dans la course. Toutefois, là encore, l’offre d’Hulu n’arrive pas encore au niveau de Netflix ni ne bénéficie des mêmes éloges.

Les moins de Netflix

On a longuement parlé de qualité des séries proposées par Netflix mais ne tombons pas dans la naïveté en prenant leurs premiers jets pour acquis. Preuve en est le ramassage presque total d’Hemlock Grove qui n’a pas franchement déchaîné les foules. Il faut croire qu’afficher Famke Janssen au générique n’est finalement pas gage de qualité. Cette série fantastique tournée avec des airs de série B n’a pas particulièrement convaincu la critique mais n’est pas un échec pour autant puisqu’elle a été, paradoxalement, plus vue son premier week-end de mise en ligne que n’a pu l’être House of Cards. Netflix a même commandé une seconde saison de 10 épisodes pour 2014. Inarrêtable on vous dit !

Seconde limite et là, il s’agit de l’interaction direct avec le téléspectateur, c’est la perte des rendez-vous hebdomadaire. En effet, Netflix, comme dit précédemment, met en ligne toute une saison de manière simultanée. Ce qui conduit à la pratique du binge-viewing, autrement dit à enchaîner les épisodes sans pause. Si certains sont particulièrement satisfaits de ce nouveau mode de consommation qui permet, par exemple, d’éviter le spoil ou bien de suivre une trame de manière continue pour pouvoir faire le lien facilement avec l’épisode précédent, c’est aussi un frein à un certain nombre d’exercice social. Par exemple, les live-tweet qui vont de pair avec les visionnages d’épisodes et ainsi rapprocher un fandom, ou tout simplement l’habitude calendaire qui établit un certain rythme dans lequel on se complaît. Finalement, tout le monde ne trouve pas con compte dans Netflix car, mine de rien ces petits freins peuvent prendre une toute autre dimension selon le consommateur.

Plus précisément, revenons à la question de départ, est-ce que Netflix est le nouveau HBO ? Niveau qualité, nous l’avons dit, Netflix n’a rien a envié à la chaîne du câble. Pourquoi ? Parce que House of Cards aurait très bien pu être estampillé HBO, idem pour Orange Is The New Black, deux séries qui n’auraient pas à se sentir complexerde partager le même diffuseur que Les Soprano ou Six Feet Under. Le problème n’est pas dans la qualité mais dans la quantité. Il semble beaucoup trop prématuré de mettre ces deux chaîne sur un même niveau pour quelques coups d’éclats. HBO à la mainmise sur beaucoup plus de créations originales. A commencer par son fer de lance actuel : Game of Thrones qui suffit presque à clore le débat tant le rayonnement mondial de cette série écrase la concurrence. A titre d’exemple, à elle seule GoT a autant de nominations aux Emmy que la totalité de Netflix ! Il faudra attendre quelques années avant de donner une véritable réponse, voir comment la plateforme évolue et surtout si elle parvient à maintenir le cap pendant les prochaines années sachant que la conjecture n’est pas forcément de son côté.

 

J'ai préparé un nouveau logo au cas où

J’ai préparé un nouveau logo au cas où

 

[dropshadowbox align= »none » effect= »lifted-both » width= »250px » height= » » background_color= »#f58d44″ border_width= »1″ border_color= »#dddddd » ]Dossier Netflix[/dropshadowbox]
Free WordPress Themes, Free Android Games