Revue de presse Cannes : Le Fils de Saul

Ce vendredi 15 mai a eu lieu la projection du film Le Fils de Saul mis en scène par Laszlo Nemes. Annoncé polémique dès l’annonce de la Sélection officielle par Thierry Frémeaux il y a quelques semaines, ce tout long-métrage du réalisateur hongrois est véritablement porteur d’un débat fort pour une histoire plongée dans l’enfer d’Auschwitz pendant le Seconde guerre mondiale. À l’occasion de sa projection, découvrez ce que la presse a pensé du film.

# Le Nouvel Observateur

Pas de regard mal placé dans ce film. Tout au plus, un côté volontariste et une dimension programmatique qui achève d’en faire une « épreuve ». Par moments, l’impression de sentir la mise en scène, les acteurs maquillés et en costumes, le travail sur le son, la joliesse d’un plan (les teintes et le format de l’image rappellent « Requiem pour un massacre » d’Elem Klimov) – détail gênant dans un tel contexte – éveillent en nous la vieille antienne lanzmanienne sur la représentation de la Shoah : est-ce bien raisonnable ? Quand le geste est aussi fort, précis, pesé, oui, ça l’est.

# Indiewire

Le premier film de László Nemes est un drame intense sur Auschwitz, dans lequel la tension ne retombe jamais. (…) La capacité du cinéaste à mêler une histoire de survie dans un camp de concentration à une énergie cinématographique stimulante est d’autant plus impressionnante qu’il s’agit de son premier film.

# Télérama

En filmant le travail quotidien de l’horreur du camp de la mort d’Auschwitz, le réalisateur hongrois évite l’exhibitionnisme mais n’échappe pas à la complaisance.

# Paris Match

Oppressant, dérangeant jusqu’à la nausée, ce film qui évite soigneusement tout voyeurisme et toute dimension spectaculaire, mérite de devenir une référence, voire un classique. Il serait surprenant, pour ne pas dire choquant, que « Le fils de Saul » reparte de Cannes sans une récompense. Mais il n’existe pas de prix du désespoir absolu…

# Metronews

L’horreur est partout, dans le cadre, hors champ, mais le plus souvent dans le cerveau du spectateur, précipité la tête la première dans cet aller simple pour l’enfer. Ce qui explique sans doute pourquoi on ressort de la projection sonné. Gagné par une émotion sourde mais bien présente.

# Variety

Le Fils de Saul est une description sombre et sans compromis de l’Holocauste, comme il n’en a jamais été faite, bien que le sujet ait été traité maintes fois déjà au cinéma. Un exercice magistral d’effacement de la narration et de surcharge sensorielle, qui rejoue avec audace l’horreur familière en des termes existentiels…

# L’Express

Choc! Le mot est fort, galvaudé aussi, mais en ce qui concerne Le Fils de Saul, il n’est pas vain. Rarement a-t-on eu l’occasion de voir un film aussi maitrisé tant dans sa mise en scène que dans son propos.